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photographes, galeries de photo et autres images à voir en ligne

2008

Voici revenu le temps des rétrospectives annuelles, un des nombreux marronniers de saison à côté des bêtisiers et des bonnes résolutions. Quelques revues annuelles en images...


Désormais dans l’exercice du diaporama de photos de presse, il faut compter avec l’incontournable The Big Picture du Boston Globe. Merveilleuses, étonnantes, tragiques, voire insoutenables... Que dire de ces photos recouvertes de noir avec un avertissement sur leur contenu choquant ? N’est-ce pas justement une invitation à cliquer pour voir ? Mais comment faire autrement ? Au Boston Globe la rétrospective se déroule en 3 parties : part 1, part 2, part 3. Pendant que nous y sommes et pour prendre un peu de hauteur, revoyons leur magnifique calendrier de l’avent, qui rassemble le fleuron des photos de Hubble.

L’agence de photographes L’Oeil Public présente une des plus intéressantes rétrospectives. On n’y trouvera pas l’exhaustivité et les « classiques » des sites de presse. Les photographes de l’agence travaillent ailleurs, autrement, sur le long terme et portent un regard différent de celui de l’actualité vite faite, vite vue.

En 48 images bien choisies (mais pas dans l’ordre chronologique) Time fait le tour de l’année, surtout américaine. Le défilement, page après page, n’est pas très fluide. Il y a d’autres séries de photos à voir chez Time, entre autres, une sélection de photos de Barack Obama tirées de Flickr. (On peut bien sûr se rendre directement chez Flickr pour les voir, mais il y en a 88’692 à cette heure ! Ici c’est une sélection.)

La revue annuelle de Reuters est, cette année, un peu décevante : trop de photos, une sélection relâchée, pas de chronologie ... tout cela fait un peu « foutoir ».

Avec commentateurs et musique d’ambiance pour le pathos, le diaporama de MSNBC en est toujours à essayer d’imiter la télévision. Hié ! Comme les meilleures photos sont aussi visibles sur les autres revues annuelles, on pourra s’en passer.

À L’Express, la page Rétro 2008 en images propose un grand bouquet de Top10 et de Top/Flop. Beaucoup de pipoles, beaucoup d’insignifiances, on dirait une émission de Dechavannes. À éviter, sauf pour voir encore une fois dans quel sens du poil il faut caresser le lecteur...

Le Soir propose Retro Viseur : Un Autre Regard sur 2008. Beaucoup de photos (1 portfolio pour chaque mois) avec, malheureusement, des légendes parfois trop sommaires.

Rue89 propose les 12 vidéos qui ont le plus buzzé en 2008. Choix très franco-français ne portant, pour 10 d’entre elles, que sur des politicards... Affligeant. Vous obtiendrez un choix bien plus ouvert en tapant « best of 2008 » sur youtube ;-)

Magnum proposait l’année passée un beau diaporama sur l’année écoulée. Rien de tel pour l’instant sur leur site. On y retrouvait également des portraits de personnalités décédées dans l’année. Pour les décès de 2008, c’est Le Post et Le Point qui s’y collent, mais l’enterrement est moins classe que chez Magnum.

Ceux que vous ne verrez pas dans les rétrospectives de 2008, ce sont les 229 tués et 700 blessés du raid israélien sur Gaza du 27 décembre. Trop tard pour eux... voici le diaporama et la dépêche de Reuters reprise par Le Monde (plus en ligne).

Béat Brüsch, le 28 décembre 2008 à 01.35 h
Mots-clés: agence , médias , photojournalisme
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Le photographe Andreas Seibert a entrepris depuis 2002 un travail documentaire sur les conditions de vie des travailleurs migrants en Chine (les mingongs). Son site présente 4 magnifiques portfolios qu’on peut consulter sur cette page. (N’oubliez pas de lire les textes et légendes ;-) Ses photos sont empreintes d’une esthétique simple, directe et font preuve d’une maitrise technique époustouflante. Admirez sa virtuosité dans l’utilisation de la profondeur de champ. A la vue de cet univers de migrants intérieurs, je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le travail de Samuel Bollendorff que j’évoquais ici, il y presque une année. Les approches respectives des 2 photographes ne me semblent pas foncièrement différentes. Mais on ne peut en dire autant des résultats visuels ! Si sur certains points on peut trouver quelques analogies (les mises en page centrales des personnages, par exemple), force est de constater que le rendu de leurs photos est très différent. Chez l’un, les photos ont un aspect « brut de décoffrage », alors que chez l’autre on peut, en exagérant à peine, parler d’une qualité « studio ». Que faut-il en déduire ? Le rendu de ces images est-il déterminant pour leur force ?
Les images de Bollendorff montrent bien qu’elles ont été faites à la sauvette, en cachette, dans des conditions d’éclairage non contrôlées. Mais elles laissent voir aussi que la postproduction a été succincte, voire inexistante. Il n’y a, semble-t-il, pas eu de tentatives de rattraper une lumière défaillante ou une couleur qui aurait « dérapé ». (Que le photographe me pardonne, mais on a un peu l’impression que les photos on été réalisées avec un appareil de poche argentique et tirées au supermarché du coin ;-) Cela est-il le résultat d’un choix esthétique délibéré de la part du photographe ? Cet effet est-il cultivé, appuyé, voire exagéré ? Et dans quels buts ?
Avec les images de Seibert, on ne ressent pas du tout cette impression de photos arrachées en vitesse avant qu’un agent de surveillance ne vienne mettre fin à la séance. Pourtant, les acteurs sont presque les mêmes et se prêtent au jeu avec simplicité. Certaines photos sont visiblement un peu plus posées et toutes sont soigneusement (et respectueusement) postproduites. Cela les rend-il moins convaincantes ?
En ce qui me concerne, j’adhère sans peine aux deux types de photos, à leur profonde humanité et je respecte les démarches qui y conduisent, mais je voudrais connaitre ce qui motive les unes et les autres. Les photos approximatives à gros pixels apparents dont on a cru un moment qu’elles envahiraient une presse en mal de crédibilité sont elles toujours « tendance » ? Ou faut-il prendre ces photos peu travaillées pour une résurgence de l’Arte Povera ? Mais aussi, peut-on demander à un photographe professionnel, maitrisant parfaitement les aspects techniques de son métier, de tout oublier pour ne pas être accusé de « faire de l’esthétique sur le dos de la misère »...? (C’est ainsi que c’est parfois formulé !) Ce débat est ouvert depuis longtemps, on le voit par exemple ressurgir chaque année au moment des prix du World Press Photo. Je n’y apporte pas de solution, je propose juste quelques questions de plus... et une comparaison.
Andreas Seibert est né en Suisse en 1970 et a étudié à Zürich. Depuis 1993 il vit et travaille à Tokyo. On peut voir un accrochage de la série From Somewhere to Nowhere jusqu’au 26 septembre à la galerie Coalmine à Winterthur (Suisse). Les 4 portfolios sont visibles sur son site où vous trouverez également une biographie.
Le travail de Samuel Bollendorff À marche forcée, dont on peutvoir le diaporama ici, a été remarqué l’année passée à Visa pour l’image. Dans une courte interview, il raconte l’adversité à laquelle se heurte un photographe en Chine... j’aimerais en savoir un peu plus, sur ce point, dans le travail de Seibert... Je compte me rendre à son exposition à Winterthur et vous en dirai plus si j’y glâne quelques réponses.

Béat Brüsch, le 16 août 2008 à 00.40 h
Mots-clés: esthétique , exposition , photographe , société , voir
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Non, il ne s’agit pas d’un nouveau caprice dû aux bouleversements climatiques. Je veux parler des marronniers qui fleurissent dans la presse en périodes creuses. Et que font les blogs en pareille circonstance ? Je crois que beaucoup de ceux qui restent actifs n’ont pas d’autres choix. Voici donc mon marronnier pour la fin de l’année : la revue des rétrospectives de photos de l’année 2007.
Je ne m’intéresse ici qu’aux rétrospectives mettant la photo au centre de leur approche et je ne prétends pas à l’exhaustivité... Et tout cela nous change un peu des bêtisiers.
Magnum nous présente un beau diaporama un peu en retrait de l’agitation du monde. On y retrouve d’émouvants portraits de ceux qui nous ont quittés dans l’année écoulée. (Si vous survolez la petite flèche en bas de l’image vous arrêterez momentanément la progression du diaporama, le temps de lire la légende qui se révèle alors.)
• (lien cassé) Le magazine l’Express ne propose pas moins de 7 portfolios à l’enseigne de « L’année 2007 en images ». Petit pèlerinage obligé à la rubrique « Ils nous ont quittés en 2007 ». 35 images quand même :-(
La revue de l’année des photos de Reuters (106 images). Toujours très classe. La recherche esthétique domine, même pour les situations dramatiques. Mais cela peut se comprendre dans le cadre d’une sélection.
Le Monde 2 publie un portfolio de 12 images sur les catastrophes climatiques de 2007. Il y a d’autres portfolios en ligne, mais ils ne correspondent pas aux critères retenus pour cette petite revue.
L’année très américaine vue par Times en 48 images (assez lent - pages surchargées).
La revue de MSNBC. Présentation américano-étasunienne avec beaucoup de pathos. Quelques images spectaculaires. Une section sports et une autre consacrée aux images du cosmos. Attention, il y a du son ! On peut se demander si on ne cherche pas par là, à faire passer des photos pour de la télé, histoire de retenir un public peu habitué à regarder des images immobiles avec des légendes à lire ?
• Si vous en voulez encore, visionnez un diaporama géant sur flickr en choisissant, par exemple, tous les « interestingness » de 2007 ! Amusant.

Béat Brüsch, le 30 décembre 2007 à 18.50 h
Mots-clés: agence , médias , photojournalisme
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La Voie Lactée, au-dessus de la Pointe de Trévignon (Bretagne)
© Laurent Laveder

Impressionnante image découverte ce matin sur EPOD (Earth Science Picture of the Day), le site qui affiche chaque jour (ou presque) une photo du domaine des sciences de la terre (ou du ciel !). Laurent Laveder, l’auteur de la photo n’est pas un débutant. Pour vous en convaincre, allez voir son site qui regorge de photos de l’atmosphère. Rien de ce qui se passe dans son ciel breton ne lui échappe. Que ce soit une simple trainée laissée par un avion, un phénomène météorologique rare ou un évènement astronomique, tout est prétexte à émerveillement. Je vous renvoie à un précédent billet, au sujet du site APOD (Astronomy Picture of the Day), dans lequel Laurent Laveder est également impliqué.
NB : oui, j’ai modifié le titre de ce billet après coup :-)

Béat Brüsch, le 7 décembre 2007 à 12.20 h
Mots-clés: documentaire , science
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Culturepub, le retour

Culturepub devient www.culturepub.fr. Sensation bizarre... c’est de la télé ou c’est du web ? Je me demandais cela en regardant le 1er magazine hebdomadaire, présenté par Christian Blachas (15 minutes, dorénavant tous les lundis). On se croirait revenu quelques années en arrière, quand le dimanche en fin de soirée, on avait droit aux pépites de la pub. Bon, Blachas à pris quelques rides (et moi aussi !) mais il a toujours sa dégaine de cow-boy cravaté, son bagou à haut débit et une passion intacte. Les sujets, drôles et un rien provocants, défilent comme (d’habitude) dans une émission télé. Pour moi, c’est de la télévision qui passe par mon ordinateur. Il faudra que je m’y fasse : tout est dans tout et réciproquement ;-) Les télés arborent un look inspiré par les boutons et les menus vus sur le web (mais pas interactifs du tout !). Et les sites web passent des émissions de télé.
Pourtant, dans le communiqué de Christian Blachas, repris en choeur par tout ce qu’internet compte de « copypasteurs de communiqués », on peut lire : « Cela n’a rien à voir avec l’émission de télé parce que nous pensons que, sur le net, il ne faut pas faire la même chose qu’à la télévision ». Bon, mais alors pourquoi faut-il cliquer sur un bouton « voir l’émission »... pour voir l’émission ?
Faisons la part des choses. Avec la mise à disposition de milliers de clips de pub, classés selon divers critères et accessibles gratuitement, le nouveau culturepub est bel et bien un outil moderne, que seul internet peut concrétiser. On ne va pas bouder son plaisir, c’était juste une petite remarque en passant ;-)

Béat Brüsch, le 27 novembre 2007 à 16.15 h
Mots-clés: publicité , vidéo
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